[ARTICLE SUD-OUEST] Petit parution dans le journal…

On a eu une petite interview hier pour les 20 ans d’UWL et le passage de Malcolm dans nos murs. Normalement, France 3 diffuse aussi un reportage dans la semaine  à 18h40 sur France 3 Atlantique. (On vous le remettra sur le blog si vous êtes hors « 17 » )


Le spot d’Angoulins
Les frères Cardinal reçoivent actuellement un célèbre shaper californien


En Charente-Maritime, à Angoulins, les frères Cardinal, Renaud et Thomas, patrons de l’entreprise de fabrication de planches de surf haut de gamme UWL accueillent le shaper californien Malcolm Campbell. En quelques jours, il va « shaper » (« fabriquer, sculpter ») 40 planches.

PHOTO XAVIER LÉOTY

En Californie, il y a les frères Campbell, Malcolm et Duncan, concepteurs, au début des années 1970, du surf Bonzer. En Charente-Maritime, à Angoulins, il y a les frères Cardinal, Renaud et Thomas, patrons de l’entreprise de fabrication de planches de surf haut de gamme UWL. Et, en ce moment, le shaper Malcolm Campbell est installé dans les locaux de l’entreprise des Cardinal. En quelques jours, il va « shaper » (« fabriquer, sculpter ») 40 planches – « ses » Bonzer, forcément -, numérotées. Elles sont déjà vendues à des particuliers et à des enseignes telles Quiksilver ou Oxbow.

Les frères Cardinal fêtent ainsi les 20 ans de leur entreprise, créée d’abord à L’Houmeau, dans le garage de leurs parents, et aujourd’hui implantée dans la zone commerciale d’Angoulins.
Chef d’entreprise à 17 ans
Leur père surfait déjà, ce qui à l’époque était rarissime, et les petits Cardinal ont rapidement été mis dans le bain. Mais, à leur âge également, le surfeur était rare en Charente-Maritime. À 15 ans, Renaud, qui en a aujourd’hui 37, a commencé à fabriquer ses propres planches avec son frère. Et, à 17 ans, il a créé sa marque. Après le bac, il a poursuivi son activité tout en s’inscrivant en fac de sciences. Puis vint l’heure du service militaire. Pour en être exempté, Renaud devait avoir dirigé son entreprise pendant deux ans et employer au moins deux salariés. « Pour ne pas partir, j’ai embauché ma copine, qui est aujourd’hui ma femme, et mon frère, qui était aux Beaux-Arts. »
Renaud a ainsi pu se consacrer à sa petite entreprise, qui a surfé sur la bonne vague et compte aujourd’hui neuf personnes. UWL fabrique entre 60 et 80 planches par mois, pour des Français mais aussi des Anglais et des Japonais.
Californien, artiste et artisan
Thomas Cardinal est designer (infographiste), son frère, Renaud, shaper. C’est en Californie et à Hawaï qu’il a acquis de l’expérience. « La shape, c’est un milieu très fermé. À l’époque, tout se passait dans les Landes et au Pays basque, d’ailleurs aujourd’hui c’est encore le cas et, si nous n’étions pas performants, nous serions vite oubliés. Les Landais et les Basques n’étant pas des gens qui ont envie de partager leurs petits secrets, j’ai voyagé. En plus, à l’époque, c’était d’autant plus intéressant que tout ce qui se faisait en Californie, par exemple, arrivait en France un an plus tard. J’ai appris assez vite et, ici, comme il n’y avait pas de concurrence, j’ai pu imposer ma planche. »
Pour leurs « 20 ans », les deux frères vont organiser quelques événements, dont un « troc surf » (journée portes ouvertes, avec échanges de matériel) en mai ou en juin.
Et donc, actuellement, Malcolm le Californien shape encore, toute la journée. À 57 ans, il a toujours l’air ravi de façonner son Bonzer (avec une forme concave sous la planche pour évacuer l’eau plus rapidement). C’est un artiste et un artisan. Il fait tout lui-même. L’idée de faire fabriquer en Asie, comme nombre de ses collègues, le heurte. Il souhaite « apporter quelque chose à l’économie locale ». Chez lui, mais aussi à Angoulins, où il vient fabriquer des planches. Pas question, par exemple, de vendre ses Bonzer en direct à des Français sans passer par les frères Cardinal.
Il ne veut pas travailler « pour l’argent, mais seulement pour l’envie de bien faire »

Par MARIE-CLAUDE ARISTÉGUI